Se préparer à l’avenir : le parcours de Steven en matière de logement avec ABLE2

Steven a passé la majeure partie de sa vie à Ottawa. Il vit avec sa mère et cumule deux emplois à temps partiel : agent d’entretien pour la Ville d’Ottawa et opérateur de saisie de données pour une compagnie de taxis. Pendant son temps libre, il retrouve ses amis, va au cinéma et joue de la guitare. L’écriture est également devenue un exutoire important pour lui, et il a récemment publié un récit autobiographique sur son enfance avec l’autisme.

« C’est une question de détermination », explique-t-il. « Il s’agit d’apprendre à vivre avec ma maladie, et non à lutter contre elle. »

Le livre de Steven, « Life so Far », est disponible ici.

Cette même détermination alimente un objectif cher à Steven : vivre un jour de manière autonome.

« Mon objectif est de quitter le domicile de ma mère un jour », confie Steven. « Il n’y a pas d’urgence pour l’instant, mais je veux être prêt. Mes parents ne seront pas là éternellement, et le moment venu, je veux un endroit sûr et décent où vivre. »

C’est un objectif que partagent de nombreuses personnes handicapées, mais que le contexte du logement à Ottawa rend difficile à atteindre. La hausse des coûts, la rareté des logements disponibles et les longues listes d’attente constituent des obstacles pour presque tous ceux qui cherchent un logement. Pour les personnes qui doivent en plus faire face aux difficultés liées à leur handicap, le processus peut s’avérer particulièrement éprouvant.

Steven a entrepris les démarches très tôt. En 2022, il s’est inscrit au Registre du logement d’Ottawa, persuadé d’avoir lancé le processus. Il a découvert par la suite que sa demande n’avait jamais été reçue. Ce fut un revers frustrant, mais il l’a conduit au Programme de soutien au logement d’ABLE2, où il a été mis en contact avec Patricia, intervenante en services de protection des adultes. Ensemble, ils ont déposé une nouvelle demande, et cette fois, Steven a reçu la confirmation que sa demande avait bien été enregistrée.

Depuis, Steven et Patricia se rencontrent tous les mois pour faire le point sur les démarches administratives, examiner les options de logement et aborder les aspects pratiques de leur préparation à une vie autonome. Ils se sont également concentrés sur leur situation financière : gestion du budget, constitution d’une épargne et planification de leur avenir.

« C’est utile », dit simplement Steven. « Avoir de l’aide supplémentaire ne fait jamais de mal. »

Ce soutien constant et régulier est essentiel. Même lorsque les progrès semblent lents, le fait de savoir que quelqu’un prend régulièrement de ses nouvelles, répond à ses questions et l’aide à planifier rend le parcours plus gérable et moins insurmontable.

L’acquisition d’un logement par Steven n’est peut-être pas pour tout de suite, mais il se concentre sur le fait d’être prêt le moment venu. Il espère trouver un emploi à temps plein, continuer à épargner et, à terme, emménager dans son propre appartement. En attendant, Patricia, son assistante sociale, veille à ce qu’il ne soit pas seul face à ces démarches complexes.

Au-delà du logement, Steven espère aussi que son histoire changera le regard porté sur le handicap. « Quelqu’un a dit un jour à ma mère que je ne pourrais pas avoir de vie sociale ni faire grand-chose », se souvient-il. « Mais j’ai prouvé le contraire. » Il a figuré sur la liste d’honneur du doyen à l’université, occupe deux emplois, a publié un livre et continue de construire une vie riche de sens et de joie.

Le programme d’aide au logement d’ABLE2 ne se contente pas d’aider les gens à trouver un logement, mais vise aussi à leur donner les moyens d’accéder à l’autonomie en toute confiance. Pour des personnes comme Steven, bénéficier d’un accompagnement et d’un soutien constants tout au long du processus rend les démarches moins intimidantes et l’idée d’une vie indépendante plus accessible.

À propos du programme de soutien au logement d’ABLE2

Le programme d’aide au logement d’ABLE2 offre un soutien individualisé aux personnes ayant une déficience intellectuelle afin de les aider à se préparer à une vie autonome. Grâce à un accompagnement individuel par des intervenants en protection de l’enfance, les clients :

  • Explorez les options de logement et découvrez ce qui est disponible.
  • Développer des compétences essentielles à la vie quotidienne comme la gestion budgétaire et la capacité à défendre ses droits.
  • Naviguer sur les listes d’attente et les processus de demande de logement
  • Entrez en contact avec les ressources et les soutiens communautaires.
  • Développer la confiance en soi et la préparation à la vie autonome

Le programme reconnaît que le rythme de chacun est différent et que la véritable indépendance peut être atteinte en se dotant de solides compétences et d’un réseau de soutien solide.

Pour en savoir plus sur le programme de soutien au logement d’ABLE2, cliquez ici.

Trouver le bon endroit pour grandir : le parcours de Maks vers l’indépendance

Pour Ava, voir son fils Maks devenir un jeune homme autonome a été un parcours empreint de fierté et de réflexion. Mère d’un jeune adulte en situation de handicap, elle sait que l’autonomie ne s’acquiert pas du jour au lendemain, mais se construit progressivement, avec le soutien adéquat au bon moment.

Avant d’emménager dans son appartement, Maks faisait constamment la navette entre les domiciles de ses parents divorcés. Bien qu’entouré d’affection, l’absence d’un lieu fixe l’empêchait de se sentir chez lui. L’indépendance lui semblait inaccessible, non pas par manque de capacités, mais parce que s’orienter dans les méandres des systèmes de logement, des demandes de financement et des exigences d’accessibilité peut s’avérer un véritable labyrinthe, surtout pour les familles qui doivent se débrouiller seules.

Maks, qui a maintenant une vingtaine d’années, a toujours été déterminé à vivre de manière indépendante. « Je veux mon propre appartement », dit-il simplement. « Je veux pouvoir me débrouiller seul. »

Ce désir d’indépendance se reflète dans son quotidien. Maks travaille à temps partiel, un emploi qui l’occupe, structure sa vie et contribue à son bien-être mental. Au-delà du simple salaire, le travail lui apporte des liens sociaux, une routine et un sentiment d’utilité, autant d’éléments essentiels à son entrée dans l’âge adulte.

Grâce à une recommandation des Services de développement de l’Ontario – Région de l’Est (SDO-RE), Ava et Maks ont été mis en contact avec le Programme de soutien au logement d’ABLE2 et ont trouvé exactement ce qu’il leur fallait. Ils ont commencé à travailler avec Patricia, intervenante en protection des adultes, qui les a aidés à transformer un objectif lointain en un projet réaliste et réalisable. Patricia a accompagné Maks et Ava en leur proposant des suivis réguliers, en examinant attentivement les options de logement et en portant une attention particulière à l’accessibilité, au coût et à l’emplacement. Il ne s’agissait pas simplement de trouver n’importe quel appartement, mais de trouver celui qui leur convenait.

« Maks recherchait la stabilité », explique Ava. « Un endroit accessible, proche de tout ce dont il avait besoin, et où il pourrait commencer à prendre confiance en lui et à vivre de manière plus autonome. »

Aspirer à cette stabilité impliquait de se confronter à un nouveau système complexe. Avant de contacter ABLE2, Ava a consacré du temps à la recherche et a fait preuve de patience pour gérer les formalités administratives, les demandes et les appels téléphoniques, souvent sans savoir précisément quelles seraient les prochaines étapes.

Grâce à ses efforts, Maks a pu obtenir une aide financière pour rendre la vie autonome financièrement viable grâce à des programmes d’aide au loyer et aux services publics. Maks reçoit 100 $ supplémentaires par mois pour son loyer grâce au Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées (POSPH), suite à son changement de situation de logement : il vivait auparavant chez un parent et loue désormais son propre appartement tout en conservant un emploi à temps partiel. La Ville d’Ottawa (par l’intermédiaire des Services communautaires et sociaux, ABU) a contribué à couvrir son dernier mois de loyer et ses frais de déménagement. Une aide financière a également été obtenue auprès d’Hydro Ottawa (dans le cadre du Programme ontarien de soutien à l’électricité) pour les factures de services publics de Maks.*

Ce poids a commencé à s’alléger lorsqu’Ava et Maks ont commencé à travailler avec Patricia dans le cadre du Programme de soutien au logement d’ABLE2, ce qui leur a apporté réconfort, clarté et le sentiment d’être accompagnés.

« Je me débrouille seule depuis longtemps », explique Ava. « La présence de Patricia a été comme une aide précieuse, un réconfort supplémentaire. Cela m’a rappelé que je n’ai pas à porter ce fardeau seule. »

Lorsque Maks a finalement emménagé dans son appartement en octobre 2025, cela représentait bien plus qu’un simple changement d’adresse. C’était un moment historique.

Aujourd’hui, Maks vit dans un logement qui lui convient parfaitement : à proximité des transports en commun, des commerces et du centre-ville qu’il affectionne. Il est fier de sa maison, de ses habitudes et du sentiment croissant de maîtrise de son quotidien. Qu’il s’agisse d’aller au cinéma, de regarder un match ou simplement de profiter de sa liberté de choisir comment il occupe son temps, Maks s’installe dans une vie qui lui ressemble.

Au-delà de la simple recherche des ressources adéquates, Patricia, travailleuse sociale agréée, a également aidé Maks à développer les compétences pratiques dont il aura besoin pour s’épanouir de manière autonome.

« Nous avons travaillé sur le budget, la compréhension des factures, la gestion de l’argent », explique Patricia. « Ce sont des choses qui paraissent simples, mais qui sont essentielles lorsqu’on prépare son premier logement. »

Maks apprend également à se servir des ressources communautaires, à comprendre ses droits en tant que locataire et à défendre ses besoins – des outils qui lui seront utiles à long terme.

Alors que le chemin vers l’autonomie se poursuit, Ava est soulagée de savoir que Maks bénéficie d’un solide soutien et d’une équipe compétente. Le programme d’aide au logement d’ABLE2 ne s’est pas contenté de les aider à trouver un logement, mais a aussi permis à Maks de gagner en confiance, d’y voir plus clair et de se projeter dans l’avenir.

Pour des familles comme celle d’Ava et Maks, le soutien fait toute la différence. Il transforme l’incertitude en progrès et les systèmes longs et complexes en quelque chose de gérable et d’humain.

Parce que chacun mérite un lieu où il se sente en sécurité, compétent et chez lui, et le soutien nécessaire pour y parvenir.

*Remarque : Les aides mentionnées reflètent l’expérience personnelle de Maks et Ava. Les critères d’admissibilité, les montants et les détails des programmes peuvent varier et sont susceptibles d’être modifiés. Nous encourageons les lecteurs à se renseigner directement auprès des organismes financeurs concernés afin de vérifier leur admissibilité.

À propos du programme de soutien au logement d’ABLE2

Le programme d’aide au logement d’ABLE2 offre un soutien individualisé aux personnes ayant une déficience intellectuelle afin de les aider à se préparer à une vie autonome. Grâce à un accompagnement individuel par des intervenants en protection de l’enfance, les clients :

  • Explorez les options de logement et découvrez ce qui est disponible.
  • Développer des compétences essentielles à la vie quotidienne comme la gestion budgétaire et la capacité à défendre ses droits.
  • Naviguer sur les listes d’attente et les processus de demande de logement
  • Entrez en contact avec les ressources et les soutiens communautaires.
  • Développer la confiance en soi et la préparation à la vie autonome

Le programme reconnaît que le rythme de chacun est différent et que la véritable indépendance peut être atteinte en se dotant de solides compétences et d’un réseau de soutien solide.

Pour en savoir plus sur le programme de soutien au logement d’ABLE2, cliquez ici.

Les lundis après-midi avec Rebecca – Pourquoi la présence est importante

Rebecca travaille à distance comme chef de projet pour une association et se décrit comme une casanière. Mais depuis qu’elle a rejoint le programme de jumelage d’ABLE2, ses lundis après-midi sont devenus un moment qu’elle chérirait pour rien au monde.

Lorsque Rebecca a commencé à chercher une opportunité de bénévolat, elle ne savait pas vraiment ce qu’elle pouvait apporter. Beaucoup d’offres exigeaient des compétences trop spécifiques ou trop techniques. C’est alors qu’elle a découvert le programme de jumelage d’ABLE2.

« Ce qui m’a le plus marquée, c’est que tout ce que j’avais à offrir, c’était mon temps. Juste ma présence », se souvient Rebecca.

Après avoir postulé via Bénévoles Ottawa, Rebecca a entamé le processus d’intégration d’ABLE2. Elle admet que cela lui a paru intimidant au départ, mais elle a vite compris l’importance de cette démarche. « ABLE2 prend le jumelage très au sérieux », se souvient-elle. « Ils tiennent vraiment à ce que le programme soit durable et bénéfique pour tous. »

Rebecca a rencontré son âme sœur à la fin du printemps 2025, et au fil des mois, leur lien s’est développé naturellement. Désormais, elles ont trouvé leur rythme. Tous les lundis après-midi, elles se retrouvent au même restaurant de shawarma du quartier où l’amie de Rebecca a ses habitudes. Autour des effluves de viande grillée, elles discutent, rient ensemble et apprécient simplement leur compagnie. Après quelques mois, Rebecca a été invitée chez son amie. Pour elle, c’était une étape importante qui témoignait d’une confiance et d’un confort croissants dans leur amitié.

Depuis, leur temps passé ensemble s’est enrichi de petites attentions précieuses. Elles écoutent toutes sortes de musique, aident ensemble à désencombrer la maison de son amie, ou partagent leurs joies et leurs peines. Rebecca décrit ces moments comme simples mais profondément ressourçants.

Au début, Rebecca s’inquiétait de ne pas en faire assez comme alliée, que les conversations ne soient pas toujours fluides, ou que les sorties ne soient pas assez productives. Mais son amie a doucement changé son point de vue. « Parfois, elle me dit simplement : “Je suis si contente de te voir aujourd’hui.” C’est là que j’ai compris qu’être un allié n’a rien de compliqué. Il suffit d’être présent. »

Quelques mois après le début de leur jumelage, Rebecca et son amie ont découvert que leurs anniversaires étaient à quelques jours d’intervalle. Alors, le jour J, elles ont décidé de le fêter ensemble. « Je lui ai apporté un repas qu’elle n’aurait pas pu se permettre en temps normal, car elle ne s’éloigne jamais de chez elle. Et les gars du restaurant de shawarma lui ont fait la surprise d’un gâteau d’anniversaire. C’était un moment tellement joyeux, simplement partager un anniversaire avec une amie. » Rebecca confie que c’est l’un des moments les plus mémorables qu’elles aient vécus ensemble depuis le début de leur jumelage.

Ce qui surprend le plus Rebecca, ce n’est pas seulement l’impact qu’elle a eu, mais ce qu’elle a reçu en retour.

« J’aime avoir une activité qui me permet de sortir régulièrement de chez moi », confie Rebecca. « J’ai noué une véritable amitié avec une personne que j’avais probablement déjà croisée, mais que je n’aurais jamais rencontrée sans ABLE2. »

Pour Rebecca, être une alliée signifie être une personne sur laquelle son amie peut compter. Quelqu’un qu’elle peut appeler lorsqu’elle est angoissée. Quelqu’un à qui parler en cas de mauvais temps.

« C’est un honneur pour elle de faire partie de ses personnes de confiance », dit Rebecca. « Et honnêtement, c’est réciproque. Je lui ai aussi parlé de mes propres problèmes de santé mentale. C’est mutuel. »

Rebecca apprécie également le soutien continu de l’équipe du programme de jumelage d’ABLE2.

« Les travailleurs sociaux sont très présents. Azra a été formidable. C’est rassurant de pouvoir en parler et de savoir qu’on peut compter sur du soutien. Lenka, qui s’est occupée de mon intégration, était super aussi. On arrive au programme en sachant qu’on n’est jamais seul. »

Pour celles et ceux qui hésitent à faire du bénévolat, Rebecca offre un conseil rassurant : « Assurez-vous d’être prêt·e à vous engager, mais sachez qu’une fois engagé·e, cela ne vous semblera plus une obligation. Ce sera quelque chose pour lequel vous aurez envie de consacrer du temps. »

Elle ajoute : « Ne vous mettez pas la pression quant à ce que le Match doit être. Laissez-le se développer naturellement. Il vous suffit d’être présent. »

Le changement le plus important pour Rebecca a peut-être été son point de vue sur le handicap.

« Ce n’est pas aussi intimidant qu’on le pense. On se rend vite compte qu’on a beaucoup plus de points communs qu’on ne l’imagine », confie-t-elle.

Le lundi après-midi, Rebecca prouve que le changement significatif ne provient pas d’actions extraordinaires, mais du fait d’être présent, constant et ouvert à la connexion.

Et parfois, il suffit d’être présent.

Plus de quatre-vingts personnes en situation de handicap attendent encore des alliés comme Rebecca. Si vous pouvez donner quelques heures par mois, vous aussi pouvez faire la différence.

Pour en savoir plus sur le bénévolat avec le programme de jumelage, cliquez ici.

Le pouvoir d’être vue : L’amitié de Kelly-Anne et Maria

Pendant la plus grande partie de sa vie, Kelly-Anne a entendu la même chose sans cesse : « Mais tu n’as pas l’air handicapée. » Ce que la plupart des gens ne voient pas, c’est sa force et le courage qu’il lui faut pour affronter un monde qui n’est pas fait pour les handicaps invisibles.

Kelly-Anne vit avec un handicap invisible. Elle a des difficultés à lire, à écrire, à s’orienter et à faire des calculs, ce qui lui paraît presque insurmontable. Tout au long de sa vie, elle a également dû faire face à des problèmes de santé mentale. Mais comme son handicap ne présente aucun signe physique, les gens supposent qu’elle ne fait pas assez d’efforts. « Les gens s’impatientent quand on ne sait pas rendre la monnaie correctement à la caisse. Ils ne se rendent pas compte que prendre le bus est terrifiant quand on ne peut pas toujours lire les chiffres ou comprendre les panneaux. »

Au fil des ans, Kelly-Anne a vu des ressources être allouées à d’autres et a constaté qu’elle était exclue de certains programmes, toujours reléguée au second plan pour « laisser la place à ceux qui en avaient davantage besoin ». Elle a dû constamment se justifier, sans jamais vouloir être un fardeau pour les autres.

« J’ai appris à me faire plus petite, à faire passer mes propres besoins après les miens et à faire comme si tout allait bien. »

Tout au long de sa scolarité, elle s’est retrouvée prise entre deux feux : jugée trop capable pour le système de soutien général destiné aux personnes handicapées, ou pas assez handicapée pour un autre. Marginalisée, ignorée et jugée par ceux qui ne comprenaient pas ses difficultés, Kelly-Anne a développé une profonde conscience d’elle-même, apprenant à décrypter les dynamiques sociales et à anticiper le rejet. Elle se préparait au moment où l’on réaliserait qu’elle n’était pas comme on l’imaginait.

Quand Kelly-Anne est arrivée à ABLE2, elle était hésitante. Elle craignait que le programme ne la considère vraiment comme une personne méritant d’être soutenue. Mais elle est venue quand même, car au fond d’elle, elle savait qu’elle avait besoin d’essayer autre chose. Elle savait qu’elle voulait nouer une relation authentique avec quelqu’un en dehors de sa famille. Ce qu’elle a trouvé a dépassé toutes ses espérances.

« ABLE2 m’a vue », raconte Kelly-Anne. « Pour la première fois de ma vie, j’ai entendu ces mots : “Votre handicap est réel. Vos besoins comptent autant que ceux de n’importe qui d’autre.” »

Grâce au programme de jumelage d’ABLE2, elle a rencontré Maria, une bénévole sélectionnée avec soin au terme d’un processus rigoureux et ciblé. Maria ne s’est pas contentée de donner de son temps sans conviction. Elle souhaitait sincèrement apprendre à connaître Kelly-Anne et nouer une amitié avec elle.

Lors d’une de leurs premières sorties, Maria s’est assurée que Kelly-Anne rentre bien à la maison, car elle savait qu’elle avait du mal avec les numéros de bus et les itinéraires. Elle lui a demandé de lui envoyer un SMS à son arrivée, non par pitié ou par obligation, mais parce qu’elle tenait vraiment à elle.

« Personne ne l’avait jamais fait pour moi auparavant », se souvient Kelly-Anne.

Aujourd’hui, l’amitié entre Maria et Kelly-Anne a évolué vers quelque chose d’inattendu. « Maria est ma meilleure amie », confie Kelly-Anne. Elles explorent la ville comme le font les amies : visites de musées, cours de poterie, sorties au cinéma. Elles partagent une passion pour les chats et portaient même des t-shirts assortis, brodés de chats, lors de leur entretien d’embauche. Elles rient beaucoup ensemble, découvrent leurs univers respectifs et acquièrent des perspectives qu’elles n’auraient jamais imaginées seules.

Maria est devenue une porte-parole auprès de son entourage, aidant ses amis et sa famille à comprendre ce que signifie réellement vivre avec un handicap invisible. Elle a tellement appris de Kelly-Anne qu’elle sensibilise désormais les autres aux handicaps dont ils ignoraient l’existence.

Pour Kelly-Anne, l’impact est bien plus profond. « Pour la première fois en 49 ans, je ne me sens plus invisible. »

Interrogées sur le moment le plus marquant de leur amitié, Maria et Kelly-Anne partagent le même souvenir : Noël chez Kelly-Anne.

Maria se souvient de ce moment comme d’un rêve : « C’était comme être au pôle Nord. La maison était décorée du sol au plafond, et Kelly-Anne et sa famille nous ont accueillis, mon conjoint et moi, à bras ouverts. Nous avons été comblés de cadeaux et avons partagé un délicieux repas. Je n’ai pas de famille ici, alors passer Noël avec eux m’a apporté tellement de chaleur et d’amour que nous nous sommes sentis comme chez nous. »

Pour Kelly-Anne, la signification était différente mais tout aussi profonde : « C’était la première fois que j’amenais une amie – mon amie, pas l’ami de mon frère ni l’amie de ma mère. Et c’était formidable pour ma famille de faire la connaissance de cette personne extraordinaire qui était mon amie. »

Pour la première fois depuis longtemps, Kelly-Anne avait quelqu’un qui désirait sincèrement passer du temps avec elle, non pas à cause de son handicap, mais pour ce qu’elle était. Pour la première fois, elle se sentait vraiment importante.

Au début, Kelly-Anne avait des doutes quant à cette rencontre. Elle confie : « Si quelqu’un ne vous appelle pas, s’il ne fait pas ce petit effort supplémentaire… c’est là que tous les doutes commencent à s’installer. On se demande : ai-je fait quelque chose de mal ? Ne suis-je pas à la hauteur ? »

Mais Maria était toujours là. Elle a toujours privilégié leur amitié, même quand la vie se compliquait. Même quand Kelly-Anne traversait des moments difficiles. Même quand les circonstances changeaient, car les vrais amis ne disparaissent pas simplement parce que la vie est faite de changements.

Maria partage ce sentiment : « J’admire beaucoup Kelly-Anne. Elle garde la tête haute en toutes circonstances, et c’est la personne la plus gentille et la plus douce que je connaisse. Par exemple, quand on teste un nouveau restaurant, elle s’assure qu’il y ait des options végétaliennes pour moi. Elle est toujours là pour moi, de façon concrète. Pour moi, c’est ça, la vraie amitié. »

Interrogée sur ce qu’elle dirait aux bénévoles potentiels, Kelly-Anne répond simplement : « Essayez ! On apprend beaucoup les uns des autres, des choses qu’on n’apprendrait pas seul. C’est une expérience d’apprentissage vraiment unique, et on rencontre des gens formidables. »

Maria ajoute : « Je suis venue faire du bénévolat, mais j’ai reçu tellement plus. Le processus de sélection était rigoureux, certes, mais cela en valait vraiment la peine. Ce fut une expérience incroyablement enrichissante et révélatrice. » Elle a découvert que le plus beau cadeau n’était pas ce qu’elle pouvait donner, mais ce qu’elle a reçu en apprenant véritablement à connaître Kelly-Anne.

ABLE2 repose sur la conviction que chaque personne mérite d’être reconnue comme capable, importante et précieuse. Grâce au programme de jumelage, Kelly-Anne a enfin compris cette vérité, et cela a transformé sa vie : Tu comptes. Ton handicap est réel. Tu mérites qu’on fasse des efforts pour toi.

Mais l’histoire de Kelly-Anne n’est pas le fruit du hasard. Elle est rendue possible grâce à la générosité de donateurs comme vous, qui investissent dans les programmes et services d’ABLE2, tels que le Programme de jumelage. Votre investissement finance un processus de jumelage rigoureux, un soutien continu assuré par une équipe qualifiée et un réseau de relations humaines authentiques.

Et à l’heure actuelle, plus de 100 personnes en situation de handicap attendent encore d’être prises en charge. Elles attendent qu’on reconnaisse l’importance de leur handicap. Elles attendent d’être remarquées. Elles attendent de se sentir enfin intégrées.

En faisant un don à ABLE2, vous contribuez à écrire davantage d’histoires comme celle de Kelly-Anne. Vous permettez aux personnes atteintes de handicaps invisibles d’entendre enfin : Vous comptez. Vous êtes vues. Vous méritez qu’on se soucie de vous.

Faites un don aujourd’hui. Soyez un champion du quotidien pour les personnes handicap.

L’attente en valait la peine : trouver des liens, rire et se sentir appartenir

Écrit par Stephen S.

Je suis retraité et j’ai 33 ans d’expérience dans la fonction publique. Je vis seul dans mon propre appartement. Je suis enfant unique, et ma famille se divise en deux catégories : les « mauvais payeurs » et les « mauvais payeurs ». Personnellement, je trouve la première catégorie plus compréhensible. J’étais sur la liste d’attente du programme de jumelage d’ABLE2 depuis plus de dix ans. J’étais tellement découragé que j’ai demandé au coordinateur de me retirer de la liste. Heureusement, il m’a convaincu de rester.

L’attente en valait la peine. Il y a environ trois ans, j’ai été jumelée à quelqu’un d’à peu près mon âge. Il est sur le point de prendre sa retraite, nous sommes donc dans la même période de vie, celle qui précède le crépuscule de notre vie. Je peux compter sur lui en cas d’urgence ou si j’ai simplement envie de sortir. Nous avons tous les deux un sens de l’humour mordant, plein de sarcasme, mais sans aucune rectitude politique. Notre activité préférée est de manger et de boire. Nous avons visité de nombreuses petites villes autour d’Ottawa pour changer d’air. Mais notre restaurant préféré est Tim Hortons. Ensemble, il ne nous manque que 2 368 450 points de récompense supplémentaires avant de remporter notre propre franchise !

J’ai également utilisé les services d’orientation juridique Reach d’ABLE2, qui permettent aux personnes handicapées de contacter des avocats bénévoles. Mon action était dirigée contre le gouvernement de l’Ontario. J’ai appris de ce processus que le bon sens peut garantir une victoire morale, mais pas nécessairement juridique.

Sérieusement, le programme de jumelage d’ABLE2 m’a permis de sortir de mon isolement social et de partager mes espoirs et mes frustrations, le tout agrémenté d’une bonne dose de rires. Je ne vois pas d’initiative plus louable à soutenir.

Le pouvoir de la présence : l’amitié de Julie et Olivia

Lorsque Julie a rejoint le programme de jumelage d’ABLE2, elle ne cherchait pas seulement quelqu’un avec qui passer du temps : elle espérait trouver une véritable connexion. Elle a trouvé en Olivia plus qu’une alliée. Elle a trouvé une amie qui la soutiendrait dans les hauts et les bas de la vie.

Avant d’être mise en contact avec ABLE2, Julie se sentait souvent seule et peinait à se faire des amis. Depuis sa rencontre avec Olivia, elle aime sortir, rencontrer de nouvelles personnes et vivre de nouvelles expériences.

« Ce programme m’a été très utile. J’ai pu me faire de nouveaux amis et profiter d’une infinité de possibilités », partage-t-elle.

Olivia, son alliée bénévole, partage : « J’adore nos moments café ou dîner, et elle m’a même permis de reprendre l’art. J’ai eu la chance de rencontrer une amie aussi dynamique et drôle grâce à ABLE2 ! C’est une personne formidable et ma famille s’entend bien avec elle. »

Quatre ans plus tard, leur amitié s’est transformée en quelque chose de vraiment spécial. Entre les cafés, les virées shopping, les rires partagés sur TikTok et les vacances passées ensemble, Julie et Olivia ont tissé un lien fondé sur la confiance, la joie et le respect mutuel.

Leur histoire ne se résume pas à de grands gestes, mais à la force de se montrer présent pour un ami. La force tranquille de l’amitié, celle qui se construit au fil des moments du quotidien et des expériences partagées, transforme des vies, comme ce fut le cas pour Julie et Olivia.

Depuis plus de 50 ans, le programme de jumelage d’ABLE2 transforme des vies en créant des liens d’amitié intentionnels et personnels entre des personnes en situation de handicap et des alliés bénévoles. Ces jumelages réduisent l’isolement social, renforcent la confiance en soi et créent des liens enrichissants.

Votre soutien rend possibles des amitiés comme celles de Julie et Olivia. En faisant un don, en faisant du bénévolat ou en faisant connaître votre soutien, vous aidez ABLE2 à faire en sorte que personne ne traverse la vie seul.

Apprenez-en davantage ou impliquez-vous sur www.able2.org.

Rencontrez Andrea : l’intervenante spécialisée en TSAF d’ABLE2 qui transforme des vies grâce à l’expérience vécue

Andrea a passé sa vie à explorer le paysage complexe du soutien aux personnes handicapées, non seulement en tant que professionnelle, mais aussi en tant que personne ayant vécu personnellement ses difficultés. Durant son enfance, elle et ses frères et sœurs se relayaient pour prendre soin de leur père, handicapé, tout en poursuivant leurs études. Andrea est donc restée dans sa ville natale pour partager les responsabilités de soins tout en poursuivant ses études postsecondaires en ligne. Pourtant, même cet arrangement créait un autre obstacle : elle ne pouvait pas recevoir de financement pour ses études si elle continuait à vivre au domicile familial, car cela réduirait les prestations du POSPH de son père. Pour poursuivre ses études, elle a dû déménager et vivre séparément tout en suivant des cours en ligne dans une communauté où l’accès à Internet fiable était encore rare. À chaque instant, Andrea et sa famille se sont heurtés à des obstacles dans un système qui semblait conçu pour exclure ceux qui en avaient le plus besoin.

« En grandissant, j’ai constaté combien il était difficile pour des familles comme la mienne d’obtenir le soutien dont elles avaient besoin », confie Andrea. « Mon expérience vécue dans le système inspire tout ce que j’entreprends. »

Heureusement, les choses ont changé depuis, mais cette expérience formatrice l’a conduite à une carrière de militante qui l’a menée toute sa vie. Andrea a travaillé comme assistante pédagogique pendant plus de 15 ans, puis comme coordinatrice des ressources, aidant les personnes handicapées à accéder aux aides gouvernementales disponibles. Aujourd’hui, en tant qu’intervenante spécialisée dans le TSAF (trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale) chez ABLE2, Andrea a trouvé un rôle où son expertise professionnelle, sa passion pour la défense des droits et son expérience vécue convergent pour faire une différence concrète dans la vie des gens.

Le TSAF demeure l’un des handicaps les plus mal compris et sous-diagnostiqués. Cette affection chronique affecte le développement cérébral et affecte des domaines essentiels comme l’apprentissage, la mémoire, le langage, les aptitudes sociales, la coordination motrice et la prise de décision. Cependant, comme le TSAF est largement invisible et fortement stigmatisé en raison de l’exposition prénatale à l’alcool, il passe souvent inaperçu, privant ainsi les personnes concernées d’accès au soutien et aux ressources spécialisées dont elles ont besoin pour atteindre leur plein potentiel.

Grâce au Programme de ressources sur l’alcoolisation fœtale (PRAF) d’ABLE2, Andrea offre des services essentiels d’éducation, de formation, de défense des droits et d’orientation vers les services aux familles de personnes atteintes de TSAF dans la région d’Ottawa. Pour les parents qui élèvent un enfant atteint de TSAF, la confusion et l’épuisement sont monnaie courante. « Lorsque je contacte les familles pour leur annoncer qu’elles ne sont plus sur la liste d’attente, elles se sentent immédiatement soulagées, comme si un poids leur avait été enlevé des épaules », explique Andrea. « Souvent, les parents ne comprennent pas le comportement de leur enfant, et beaucoup ne savent même pas par où commencer ni quelles ressources sont à leur disposition. »

Elle se souvient d’une mère d’accueil qui était désemparée, dépassée par le manque d’accompagnement et de ressources disponibles pour élever un enfant atteint de TSAF. « Elle m’a dit : « Tu es la première personne à venir à une réunion avec des solutions plutôt que de me demander ce dont j’ai besoin. » Ce moment m’a marqué. C’est mon rôle de les rencontrer là où ils en sont et de les aider à franchir cette nouvelle étape. »

Le rôle d’Andrea va bien au-delà du soutien familial : elle œuvre activement à transformer la perception sociétale du TSAF. Grâce à ses formations TSAF 101, elle collabore avec les conseils scolaires et les organismes de services sociaux afin de doter les intervenants de première ligne et les aidants des connaissances nécessaires pour identifier les difficultés liées au TSAF et prendre des décisions éclairées pour accompagner les personnes touchées. « Des enseignants et des familles d’accueil sont venus me voir après mes formations et m’ont dit : « Je n’avais aucune idée de ce à quoi ressemblait le TSAF » », explique Andrea. « C’est précisément pour cela que je fais ce travail, car la sensibilisation est la première étape vers une action concrète. »

La recherche et les ressources sur le TSAF étant relativement récentes, peu de gens le connaissent. Andrea est déterminée à changer les choses. « C’est l’un des handicaps évitables, mais dont le taux est plus élevé que celui de l’autisme, de la paralysie cérébrale et du syndrome de Down réunis. Je suis déterminée à sensibiliser davantage la communauté au TSAF afin de prévenir ce risque tout en dissipant la stigmatisation qui l’entoure », explique Andrea.

Le besoin du FARP d’ABLE2 est criant : plus de 60 familles attendent encore de l’aide. Avec seulement trois intervenants du FARP pour toute la région d’Ottawa, le programme gère une charge de travail considérable. « Nous essayons de répondre à un besoin énorme avec des ressources très limitées », explique-t-elle. « Mais nous continuons d’avancer, car je connais les difficultés ; ces familles ne peuvent plus se permettre d’attendre. »

Près d’un an après son entrée en fonction, Andrea est fière de collaborer avec ABLE2 pour autonomiser les personnes en situation de handicap et contribuer à bâtir une communauté inclusive pour tous. Son dévouement est à la base du travail essentiel et percutant qu’ABLE2 accomplit chaque jour. Grâce à son rôle, Andrea permet aux familles et aux enfants de s’épanouir, milite pour un changement systémique et favorise une véritable inclusion. Pour ABLE2, pouvoir compter sur une professionnelle comme Andrea, qui comprend parfaitement les obstacles systémiques qu’elle aide désormais à surmonter, est inestimable. En tant qu’intervenante du FARP, ses interventions sont une bouée de sauvetage pour les familles qui luttent pour surmonter ces difficultés.

Pourquoi votre soutien est important

Grâce à son travail, Andrea change des vies, une famille à la fois. Mais les besoins sont bien plus grands et il reste encore beaucoup à faire. Avec davantage de financement, de ressources et de soutien communautaire, le FARP pourrait aider des milliers de familles supplémentaires qui luttent en silence.

Aucune famille ne devrait être seule face au TSAF. Aucun enfant ne devrait être privé des outils nécessaires à sa réussite.

Grâce à votre soutien continu, des programmes comme FARP peuvent garantir que davantage de familles non seulement survivent, mais prospèrent et construisent une vie pleine de sens et de joie.

Apprenez-en davantage sur la manière dont vous pouvez soutenir les programmes d’ABLE2 ici.

Rencontrez Jacqueline, responsable de la collecte de fonds et des événements chez ABLE2

Bonjour, je suis Jacqueline, je suis responsable de la collecte de fonds et des événements chez ABLE2 !

J’ai rejoint ABLE2 en février 2025, et jusqu’à présent, ce fut un parcours incroyablement enrichissant. Ce qui m’a poussé à travailler dans le secteur associatif, c’est la possibilité d’avoir un impact positif sur la vie des autres et de défendre concrètement les intérêts des personnes issues de communautés marginalisées. J’ai la chance de faire partie d’une organisation qui soutient les personnes en situation de handicap et leurs familles de manière unique et efficace.

Avant de rejoindre ABLE2, j’ai bâti ma carrière dans le secteur associatif, occupant divers postes qui ont nourri ma passion pour le travail communautaire. J’ai été coordonnatrice de projets et de programmes chez Dress for Success Toronto, coordonnatrice des collectes de fonds et des événements chez Christie Lake Kids, et responsable des communications et de la sensibilisation à la Fondation Dress for Success Canada.

Ce que je trouve le plus gratifiant dans mon rôle au sein d’ABLE2, c’est son impact direct sur les programmes et services que nous offrons à notre communauté. Sans financement et dons, nous ne serions pas en mesure d’offrir ces services à la communauté d’ABLE2. C’est aussi le plus grand défi, car une grande partie de notre travail dépend du financement et du soutien financier que nous recevons. Le mieux que je puisse faire dans mon poste est de m’assurer que la mission d’ABLE2 demeure au cœur de toutes nos actions et que la communauté d’Ottawa se souvienne que les personnes handicapées méritent le soutien, le respect et la reconnaissance dont bénéficient les autres communautés.

Pourquoi soutenir ABLE2 ? Parce qu’elle offre des services aux personnes handicapées comme aucun autre organisme à Ottawa. Nos programmes sont essentiels pour nos usagers et leur permettent d’obtenir le soutien dont ils ont besoin pour naviguer dans des systèmes qui ne sont pas conçus pour leur réussite. Nous soutenons les gens grâce à nos programmes et services, mais nous les mobilisons grâce au bénévolat, à des événements communautaires et à des amitiés durables.

Nous sommes bien plus que nos programmes : nous sommes une communauté !

En dehors du travail, je suis une grande passionnée ! Ma meilleure amie est ma chienne, Honey, et j’adore passer mon temps libre à faire des puzzles, à confectionner des couvertures, à lire et à regarder du sport. Ces petits plaisirs me permettent de rester équilibrée et pleine d’énergie pour le travail que j’aime.

Des amitiés qui durent

Peter avec son partenaire, John, au dîner et au bal des fêtes ABLE2 en 2012

Je suis bénévole chez ABLE2 depuis 2007, et cette expérience a eu un réel impact sur ma vie. Ce qui m’a d’abord attiré chez ABLE2, c’est sa mission : mettre en relation les personnes vulnérables et isolées de notre communauté avec des bénévoles qui peuvent devenir leurs amis et leurs alliés. Cette idée simple, mais puissante, continue de m’inspirer.

Mon premier jumelage a eu lieu avec John, qui, à l’époque, n’avait pas de famille proche et vivait dans un foyer. Nous sommes devenus de proches amis. John était handicapé, et même si je pouvais parfois le soutenir, le véritable intérêt résidait dans le fait de passer du temps ensemble, à partager des anecdotes, des rires et des expériences quotidiennes. Notre amitié a perduré jusqu’à son décès en 2019, et je pense encore souvent à lui.

Depuis, j’ai été jumelée à Dennis, puis plus récemment à Larry en 2022. Chaque amitié est unique et chacune a apporté quelque chose de spécial à ma vie. Il ne s’agit pas seulement de bénévolat, mais de relations authentiques et durables, fondées sur la confiance et le respect mutuel.

En plus de mon bénévolat, j’ai siégé au conseil d’administration d’ABLE2 pendant six ans. Cette expérience m’a permis d’appréhender au plus près le fonctionnement interne de l’organisation. J’ai pu constater de visu le dévouement du personnel et la force de l’équipe de direction. Leur engagement envers les personnes qu’ils servent est évident, et leur approche est réfléchie et efficace.

En tant que donateur de longue date, je donne avec confiance, car j’ai pu constater l’impact de mes dons. Les fonds sont utilisés à bon escient et font une différence concrète dans la vie des personnes qui ont besoin de soutien et de proximité.

Faire partie d’ABLE2 – en tant que bénévole, donatrice et membre du conseil d’administration – a joué un rôle important dans ma vie. Cela m’a montré la puissance d’une simple relation humaine et comment de petits gestes d’amitié peuvent changer des vies.

Maryse et Grace : une amitié devenue une famille

Lorsque Maryse s’est inscrite comme bénévole Ally il y a plus de dix ans, elle n’aurait jamais imaginé que ce qui était au départ un acte de solidarité prendrait une autre dimension. Après sa retraite pour cause de maladie, Maryse était impatiente de renouer avec sa communauté. Le bénévolat avait toujours fait partie de sa vie, mais l’opportunité qu’elle a trouvée grâce au programme de jumelage d’ABLE2 s’est avérée bien plus qu’un simple bénévolat : elle est devenue une porte d’entrée vers sa famille.

Grace venait de déménager de Toronto à Ottawa. Avec peu de relations sociales, elle se sentait seule dans une ville inconnue. Une travailleuse sociale l’a orientée vers le programme de jumelage d’ABLE2 dans l’espoir de trouver des amis et un sentiment d’appartenance plus fort. Lorsqu’elle a rencontré Maryse, cet espoir est devenu réalité. « Maryse m’a aidée à me rendre à mes rendez-vous, à faire mes courses et à être simplement présente dans la communauté », raconte Grace. « Elle a tout amélioré. Elle m’a fait sentir que je n’étais pas seule. »

Au début, elles se retrouvaient chaque semaine pour faire les courses, visiter les jardineries et manger au Swiss Chalet. Grace, passionnée de jardinage, partageait sa passion pour les plantes tout en trouvant du plaisir dans leurs sorties régulières. « On se voyait plus souvent à l’époque », raconte Maryse. « Mais maintenant, à cause de problèmes de mobilité, on prend encore le temps de se faire des appels vidéo presque tous les jours. »

Au fil des ans, Ron, le mari de Maryse, s’est naturellement joint au cercle de soutien de Grace. Ils sont intervenus en cas d’urgence, ont assisté ensemble à des événements familiaux marquants et ont apporté leur aide. Ernest, le fils de Grace, qui participe également aux programmes ABLE2, fait maintenant partie de ce que Maryse appelle affectueusement « notre petite famille d’Ottawa ». Elle ajoute : « Nous n’avons pas de famille proche ici, alors Grace et Ernest sont devenus les nôtres. »

Et cet amour est réciproque. Ils fêtent les anniversaires et les fêtes, partagent des rires et participent même occasionnellement à des fêtes. « Ils ont toujours été là », dit Grace. « Maryse était là quand j’étais à l’hôpital, ou simplement quand j’avais besoin de parler à quelqu’un. Maryse illumine ma journée. »

Maryse, Grace et Ernest au dîner et danse des fêtes d’ABLE2

Lorsqu’on lui demande quel impact le bénévolat a eu sur sa vie, Maryse répond : « C’est bien plus que du bénévolat. C’est enrichissant. C’est amusant. C’est nourrissant. On reçoit bien plus que ce que l’on donne. » Ses mots font écho à la vérité fondamentale du programme de jumelage d’ABLE2 : lorsque les bénévoles s’inscrivent pour donner de leur temps et de leur soutien, ils repartent souvent avec quelque chose de plus grand : un sentiment plus profond de connexion, de sens et de joie.

Douze ans après leur première rencontre, Maryse et Grace ne sont plus seulement un couple, elles forment une famille. Elles ont tissé leur vie ensemble au fil des petits et beaux rituels de l’amitié : des dîners de fêtes aux blagues entre amis (dont le tristement célèbre jour où une mouette a volé un hot-dog des mains d’Ernest !). Ces moments, bien qu’apparemment ordinaires, donnent un sens à la vie, et c’est précisément ce que le Programme de Matching a été conçu pour rendre possible.

Le programme de jumelage d’ABLE2 crée des amitiés comme celle-ci depuis plus de 50 ans, aidant les personnes handicapées et les bénévoles à trouver les liens sociaux significatifs que chacun mérite. Mais les besoins sont plus grands que jamais. Aujourd’hui, plus de 140 personnes attendent toujours d’être jumelées.

En soutenant ABLE2, que ce soit par un don, du bénévolat ou simplement en partageant notre histoire, vous contribuez à créer davantage de liens comme ceux de Grace et Maryse. Vous contribuez à transformer la solitude en rires et l’isolement en inclusion. Vous contribuez à bâtir une communauté où chacun a sa place.

Participez à l’histoire. Soutenez ABLE2 dès aujourd’hui.