« La réflexion sur l’acceptation » de Wilfred Joey Klein (des tirages sont disponibles à l’achat ici pour soutenir le Fonds de leadership sur l’expérience vécue du Réseau canadien de recherche sur le TSAF)
Chaque année en septembre, le Mois de sensibilisation aux troubles causés par l’alcoolisation fœtale (TSAF) nous encourage à mieux comprendre ce handicap encore largement méconnu. Au fil des ans, j’ai beaucoup appris sur les TSAF grâce au travail d’ABLE2 au sein de la communauté, mais je ne m’attendais pas à ce que cela m’apprenne autant sur le leadership.
Comme beaucoup, j’ai été conditionnée à penser que la réussite se manifeste d’une certaine manière : des personnes qui apprennent vite, communiquent efficacement, s’adaptent facilement et obtiennent des résultats qui s’intègrent parfaitement aux systèmes que nous avons mis en place. Mais après des décennies passées à travailler dans le secteur du handicap, et plus particulièrement au sein de notre équipe spécialisée dans le TSAF (Syndrome d’alcoolisation fœtale), j’ai compris que la réussite dépend souvent moins du potentiel d’une personne que de notre capacité à créer les conditions propices à son épanouissement.
Chacun apprend, communique et traite l’information différemment. Pourtant, de nombreux lieux de travail, établissements scolaires et organisations continuent de fonctionner comme si de rien n’était. Nous consacrons beaucoup de temps à demander aux gens de s’adapter à nos systèmes et bien moins à nous demander si nos systèmes pourraient mieux répondre à leurs besoins.
C’est l’une des leçons de leadership les plus importantes que j’ai apprises grâce au TSAF : chaque personne a besoin d’une approche différente. Il n’incombe pas toujours à l’individu de s’adapter à l’environnement. Parfois, c’est à nous de créer un environnement où davantage de personnes peuvent réussir.
L’une des leçons les plus précieuses que j’ai apprises est que chacun apprend, communique et traite l’information différemment. Pourtant, de nombreux lieux de travail, écoles et organisations continuent de fonctionner comme si de rien n’était. Nous consacrons beaucoup de temps à demander aux gens de s’adapter au système. Nous nous demandons bien moins si le système lui-même pourrait s’adapter pour mieux les soutenir.
J’ai aussi appris que la clarté est une forme de bienveillance.
Les gens réussissent mieux lorsque les attentes sont claires, cohérentes et réalistes. Bien souvent, les difficultés surviennent car les attentes sont vagues, changeantes ou fondées sur des suppositions qui n’ont jamais été communiquées au départ.
Le TSAF m’a aussi incité à me concentrer sur mes points forts plutôt que sur mes limites.
Trop souvent, les conversations sur le handicap commencent par ce qu’une personne ne peut pas faire. Pourtant, chaque individu apporte des talents, des perspectives, de la créativité et une expérience de vie qui méritent d’être reconnus. Parmi les personnes les plus ingénieuses que j’ai rencontrées, certaines ont passé leur vie à se frayer un chemin dans des systèmes qui n’étaient pas conçus pour elles. En nous concentrant uniquement sur les limitations, nous passons à côté des forces mêmes qui pourraient contribuer à l’épanouissement des organisations, des équipes et des communautés.
Mais la leçon la plus importante est peut-être celle de la valeur des relations.
Chez ABLE2, nous constatons chaque jour l’épanouissement des personnes lorsqu’elles se sentent connectées, comprises et soutenues. Qu’il s’agisse d’un membre de la famille, d’un mentor, d’un bénévole, d’un collègue ou d’un allié, le succès est rarement le fruit d’une démarche solitaire. On a bien plus de chances de progresser lorsqu’une autre personne croit en nous avant même que nous y croyions pleinement nous-mêmes. C’est d’ailleurs cette idée qui a inspiré la refonte de l’image d’ABLE2 en 2020. Le « 2 » d’ABLE2 symbolise la force du partenariat : il faut plus d’une personne, d’un programme ou d’une organisation pour créer un changement significatif. Bâtir une communauté inclusive, c’est voir le jour lorsque les gens s’unissent pour que chacun soit reconnu comme compétent, important et valorisé.
Cela a également changé ma façon de concevoir le leadership.
Le leadership ne consiste pas à tout savoir. Il s’agit de créer les conditions permettant à chacun de donner le meilleur de soi-même, selon ses propres méthodes. Il s’agit de reconnaître un potentiel qui ne se manifeste pas forcément de façon conventionnelle. Et il s’agit de comprendre que l’adaptation ne signifie pas abaisser les exigences ; il s’agit de lever les obstacles qui peuvent empêcher une personne d’atteindre cet objectif.
En ce mois de sensibilisation au TSAF, je me surprends à moins penser à la sensibilisation elle-même qu’à ce que le TSAF révèle sur les personnes. Il nous rappelle que le potentiel ne se manifeste pas toujours comme on l’imagine. Il nous rappelle que la réussite n’est pas une science exacte. Et il nous rappelle que lorsque nous créons des environnements qui valorisent la diversité des façons de penser, d’apprendre et de contribuer, chacun en profite.
Le TSAF m’a rappelé que notre rôle de dirigeants n’est pas de décider qui peut réussir, mais de créer les conditions propices à la réussite.
I’d love to learn from your experience: how do you create space for different people to succeed?
Publié par
Directeur exécutif expérimenté à but non lucratif
